Dimanche, avril 8th, 2007
Archive quotidienne
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Le fil de presse 23:22
(www.lefildepresse.com) Sébastien Stabone, un boxeur à la retraite depuis 1990, a effectué avec brio son retour sur le ring face à nul autre que le champion des poids lourds, Antoine Travers. « Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini » raconte le sextagénaire.
Son exploit est d’autant plus remarquable lorsqu’on se met à penser que Stabone a livré son premier championnat mondial en 1976, soit 3 décennies plus tôt.
Propriétaire d’un restaurant portant le nom de sa femme décédée depuis quelques années, Sébastien Stabone est porté à se remémorer sans cesse le passé. « Je revois souvent des passages de ce que j’ai vécu avec mon épouse à nos débuts. Mais les images n’ont plus de couleur et je n’arrive plus à entendre sa douce voix. »
Le boxeur originaire de Philadelphie raconte que son entourage était opposé à son retour. « Mon fils était contre l’idée que je remette les gants à nouveau. Il craignait d’être pris dans mon ombre à cause de mon retour. »
Mais Stabone ne s’est pas laissé démonter par ce froid avec son fils. C’est dans un petit bar miteux qu’il a retrouvé une femme qu’il n’avait pas vue depuis une trentaine d’années. « C’est assez drôle lorsqu’on y songe. La dernière fois que l’on s’était parlé elle n’était qu’une enfant et m’avait envoyé promener. »
Stabone s’est immédiatement senti près de la dame et pour combler le vide laissé par son fils, il décida de s’approprier le fils de la barmaid. « Je me suis également procuré un chien » raconte le sextagénaire.
Plusieurs obstacles se sont dressés entre Stabone et son retour à la compétition. Initialement, la commission athlétique refusait de lui accorder un permis pour boxer. « Je pensais que mon projet était à l’eau quand tout-à-coup, j’ai eu l’idée de leur dire qu’ils n’avaient pas le droit de m’empêcher de vivre mes rêves juste parce que je suis trop vieux pour boxer. À ma grande surprise, ils ont changé d’idée et ils m’ont donné mon permis. »
L’entraînement fut plus difficile que par le passé. « Je n’avais jamais eu à m’entraîner avec des dépôts de calcium entre mes articulations. Mon arthrite me faisait souffrir comme c’est peu croyable. N’eut été des suppléments d’hormones, je ne pense pas que j’aurais osé qu’on me voit torse nu. »
Puis vint le grand jour alors que Stabone s’est retrouvé de nouveau sur le ring. Les choses n’allaient pas du tout pour lui. « J’étais complètement dépassé. Travers était plus rapide que moi, plus mobile. Il me touchait à volonté. Je pensais que j’étais fini. »
C’est alors que le miracle arriva. « Je commençais à regretter d’être monté sur le ring quand tout-à-coup : PAF! Travers se casse la main. Est-ce que je suis béni des dieux ou quoi?” raconte Stabone en riant.
Le combat se solda dans l’incrédulité générale alors que les juges remirent des cartes de pointages ne reflétant aucunement les chutes au plancher qui eurent lieu et Travers eu chaud alors qu’il conserva son titre grâce à une décision partagée. « Je ne comprend pas comment le combat a pu être serré mais j’ai la nette impression que les spectateurs furent contents. »
Malgré le fait qu’il a tenu tête au champion mondial des lourds, Stabone explique que la boxe, c’est fini pour lui. « J’avais quelque chose à sortir de mon estomac et c’est fait. Je n’entend pas remonter sur le ring à nouveau. De toute façon, l’armée m’a envoyé une lettre pour me dire qu’ils aimeraient que je reprenne du service pour une mission spéciale alors mes prochains mois seront occupés. »